

Abus de droit -Droit exercé avec une intention malveillante à l'égard
d'une personne ou exercé avec une légèreté blâmable. Exemples : abus du
droit de licencier, de refuser une promotion, une augmentation de salaire
pour un salarié...
Abusif - Qui est contraire aux règles, aux lois de la justice; qui
est excessif.
b>
Accord collectif - Accord conclu entre l'employeur ou des groupements
d'employeurs et des organisations syndicales de salariés, donnant certains
avantages à l'ensemble des salariés relevant des entreprises dont font
partie ces employeurs. b>
Accord d'entreprise - Accord conclu entre un employeur et les organisations
syndicales de son entreprise, conférant des avantages à l'ensemble du
personnel ou à une catégorie de celui-ci.
Action suspensive - Action qui suspend, qui empêche l'exécution d'un
jugement ; faire appel donne le droit au perdant de ne pas payer ce à quoi
il a été condamné. En revanche, aller en cassation ne suspend pas
l'exécution d'un jugement de prud'hommes ni d'un arrêt de la Cour d'appel ;
le demandeur doit donc être payé de ce qu'il a gagné aux prud'hommes ou en
appel, quitte à ce qu'il rembourse s'il perd devant la cour de renvoi.
Activité principale de l'entreprise - Voir code APE.
Arbitrage - Procédure consistant à confier à un arbitre le choix de
la solution d'un conflit collectif du travail. l'arbitre est, en principe,
choisi par accord entre les parties. Les conventions collectives contiennent
souvent des clauses prévoyant la procédure d'arbitrage. Ces clauses ne sont
valables que pour les conflits collectifs.
Avantage acquis - Avantage que le salarié tient de son contrat, d'un
usage, ou d'une convention collective et qu'il peut conserver malgré
certaines modifications apportées dans ses rapports avec l'employeur.
Avenant - Accord postérieur à une convention apportant une
modification ou un additif à celle-ci.
Avertissement - Sanction disciplinaire n'ayant plus à être précédée
d'un entretien préalable. S'il l'estime injustifié, le salarié a intérêt à
le contester sans tarder par lettre recommandée.
Association pour la gestion du régime d'assurance des créances des
salariés (AGS) - Un employeur peut devenir insolvable; une entreprise
peut tomber en faillite. Il existe une caisse qui verse à sa place les
salaires, indemnités liées au salaire, congés payés qui restent dus ainsi
que les indemnités de rupture, le tout dans certaines limites du plafond. Ce
fonds est alimenté exclusivement par les employeurs et, pour des raisons
pratiques, les versements aux salariés sont effectués par l'intermédiaire
des Assedic.
Astreinte -C'est une condamnation à verser une certaine somme,
destinée à contraindre une personne qui refuse de délivrer des pièces ou
documents ou de procéder à certaines rectifications (certificats de travail,
fiches de paie...). La pénalité journalière, fixée lors du jugement qui
ordonne la délivrance des pièces, est multipliée par le nombre de jours de
retard mis dans l'accomplissement de l'obligation. Toutefois, elle est
liquidée par le juge qui l'a ordonnée en fonction du préjudice causé par le
retard.
Audience - Séance au cours de laquelle les juges interrogent les
parties, entendent les plaidoiries et prononcent leurs jugements. Il est
tenu un rôle d'audience sur lequel sont inscrites toutes les affaires qui
doivent être évoquées au cours des audiences. Dans certains conseils de
prud'hommes, il y a des jours d'audience exclusivement réservés aux bureaux
de conciliation. Lorsqu'il y a bureau de conciliation et de jugement au
cours de la même audience, les conciliations sont en général passées en
premier. Habituellement, une audience se déroule ainsi : - appel des
affaires inscrites au rôle pour voir celles qui peuvent être retenues,
c'est-à-dire examinées et évoquées, les deux parties étant présentes et les
dossiers étant au point ; - prononcé des jugements pour les affaires
plaidées au cours des audiences précédentes et mises en délibéré ; -
tentatives de conciliation inscrites au rôle et retenues ; - plaidoiries
pour les affaires inscrites et retenues.
B
Bons de délégation - Formalité que l'employeur impose parfois aux
représentants du personnel et aux délégués syndicaux qui s'absentent de leur
travail pour exercer leurs fonctions. Les bons de délégation ne sont
valables que s'ils ont pour objet de contrôler la durée du temps consacré à
ces fonctions. Leur délivrance ne doit être soumise à aucune condition ou
délai de prévenance sous peine de constituer un délit d'entrave aux
fonctions des représentants du personnel.
Bureau de conciliation - Formation composée d'un conseiller employeur
et d'un conseiller salarié pour tenter de régler à l'amiable un différend
qui a été porté devant les prud'hommes.
Bureau de jugement - Formation paritaire, composée d'au moins deux
conseillers salariés et de deux conseillers employeurs, qui entend les
plaidoiries, recueille les explications, questionne éventuellement, rend les
jugements. Dans une même affaire, les conseillers qui ont participé à la
conciliation font partie, autant que faire se peut, de la formation de
jugement. L:un des conseillers est le président du bureau.
C

Cause réelle et sérieuse - Les motifs du licenciement doivent
comporter ces deux caractères. Le conseil de prud'hommes a tout d'abord
l'obligation de se convaincre de la réalité ou de l'inexactitude des motifs
du licenciement quant aux éléments de preuve apportés, puis de vérifier le
sérieux des motifs en fonction de critères juridiques dégagés par la
jurisprudence. Certificat de travail - L'employeur doit, à l'expiration du
contrat de travail, délivrer au salarié un certificat contenant la date
d'entrée, la date de sortie, l'emploi ou les emplois successivement occupés.
la remise du certificat est obligatoire. Il est quérable, c'est-à-dire que
le salarié doit se rendre chez l'employeur pour l'obtenir.
Chose jugée - Il s'agit de l'autorité attachée à une décision rendue
par le juge pour exécuter le droit de la partie gagnante et qui fait
obstacle à ce que la même affaire soit portée à nouveau en justice. On parle
d'autorité de chose jugée quand la décision peut être attaquée par une voie
de recours; elle aura la force de chose jugée quand elle ne sera plus
susceptible de contestation.
Code APE -Code attribué à chaque entreprise par les services de
l'Insee et qui permet de situer, de déterminer l'activité principale exercée
par l'entreprise. C'est cette activité principale, telle que définie par le
code APE, qui est prise en considération pour le choix de la section de
prud'hommes compétente (ex.: un peintre en bâtiment, un cuisinier, un
vendeur dépendront de la section "industrie" si l'entreprise est classée
"industries chimiques" ; un ébéniste dépendra de la section "commerce" si
l'activité principale de son entreprise est non pas la fabrication de
meubles mais la vente de meubles).
Code du travail -Document important qui rassemble, classés dans un
ordre logique, les lois et textes qui concernent les droits et devoirs des
employeurs et des salariés, ainsi que les institutions qui ont un rapport
avec la vie des entreprises (hygiène, sécurité, etc.). On dit que des textes
sont codifiés lorsqu'ils sont insérés dans un code. le Code du travail est
divisé en plusieurs parties :
- les lois, qui sont précédé,es de la lettre L ;
- les décrets en Conseil d'Etat, précédés de la lettre R ;
- les décrets simples précédés de la lettre D.
Éditions: Code du travail, éditions des Journaux officiels avec table de
concordance; Code du travail Dalloz, en librairie; Nouveau Code du travail
annoté, plus digeste, éditions La Villeguérin, 54, rue Chabrol, 75010 Paris.
Coefficient - Nombre qui multiplie la valeur d'un point convenu à la
suite d'un accord paritaire pour déterminer le salaire minimum de la
catégorie professionnelle à laquelle est attribué le coefficient.
Communication des pièces - Les parties sont tenues mutuellement de se
communiquer les pièces et documents qu'elles comptent utiliser au cours du
procès et qu'elles remettront ensuite aux juges. C'est une règle entre
avocats. C'est aussi une règle entre particuliers, délégués syndicaux; faute
de quoi, il peut y avoir un renvoi de l'affaire à une date ultérieure. Le
tribunal peut exiger la communication des pièces entre les parties, comme il
peut exiger la délivrance de pièces détenues par des tierces personnes (art.
138 et suivants du Code de procédure civile).
Compensation - Extinction de deux dettes réciproques entre deux
parties à l'instance. Elles doivent être certaines, liquides et exigibles,
c'est-à-dire existantes, déterminées dans leur montant et sans terme
suspensif.
Conclusions - Le demandeur, le défenseur doivent remettre au
tribunal, après leur plaidoirie, un document dans lequel ils retracent (dans
un ordre logique) les arguments, les motifs sur lesquels ils s'appuient pour
défendre leur cause; un condensé, en somme, de ce qu'ils ont dit. Mais,
auparavant, chaque partie est tenue d'adresser ses conclusions à
l'adversaire suffisamment tôt avant l'audience pour qu'il puisse en prendre
connaissance. Pour les affaires simples, la production de conclusions n'est
pas exigée. Mais il vaut mieux procéder comme il vient d'être dit.
Conseil d'État - Organe le plus élevé de l'ordre administratif. Il a
pour rôle de conseiller le gouvernement par des avis sur les projets
législatifs. En matière de contentieux, il est juge en premier ressort pour
les recours en annulation des décrets et les actes réglementaires des
ministres; il est juge des appels formés contre les jugements rendus par les
tribunaux administratifs (exemple : licenciement des représentants du
personnel).
Conseil de prud'hommes -Tribunal qui n'est pas composé de magistrats
professionnels mais de salariés et d'employeurs, en nombre égal, élus par
leurs pairs. Il y en a au moins un au siège de chaque tribunal de grande
instance. Chaque conseil est divisé en cinq sections (voir ce mot) de façon
à être compétent pour tous les salariés et employeurs, sauf ceux de la
fonction publique et certains assimilés, qui continuent à relever des
tribunaux administratifs. Conseiller prud'homme - Salarié ou employeur élu
pour cinq ans afin de faire partie d'un conseil.
Contrat de travail - Contrat par lequel une personne -le salarié- met
son activité au service d'une autre -l'employeur- en se plaçant sous sa
subordination en contrepartie d'une rémunération. Depuis le 1er juin 1993,
un écrit comportant certaines mentions est devenu obligatoire. Contrat à
durée déterminée - Contrat conclu pour l'exécution d'une tâche précise et'
temporaire. Il ne peut avoir pour objet ou pour effet de pourvoir un emploi
permanent de l'entreprise. Il peut comporter un terme précis (terme fixé
avec précision dès la conclusion du contrat) ou un terme imprécis lorsqu'il
n'est pas possible de prévoir dès le départ la fin du contrat (exemple :
remplacement d'un salarié malade, contrats saisonniers ou d' "usage"...). Le
contrat conclu sans terme précis doit comporter obligatoirement une durée
minimale précise. Le contrat à durée déterminée doit être écrit. Avant son
terme, le contrat ne peut être rompu par les parties, sauf accord mutuel,
faute grave ou force majeure. La résiliation judiciaire du contrat peut
toujours être demandée par l'une des parties lorsque l'autre partie
n'exécute pas ses obligations.
Cour de cassation - Sommet de la hiérarchie judiciaire (droit privé),
elle a pour mission de confirmer ou de casser les jugements du conseil de
prud'hommes ou les arrêts de cour d'appel qui lui sont soumis par les
parties ayant perdu leur procès. La Cour de cassation ne rejuge jamais les
faits (c'est-à-dire qu'il n'y a pas réouverture du procès) mais vérifie la
bonne application du droit par les tribunaux de premier et second degré. Un
jugement peut être cassé pour violation de la loi, excès de pouvoir,
incompétence, manque de bases légales, vice de forme, contrariété de motifs.
D
Décret - Acte administratif pris par le Président de la République
dans ses attributions propres ou par le Premier ministre en conseil des
ministres. Délai - Temps reconnu nécessaire et accordé par la loi pour
accomplir des formalités. On dit qu'il est franc quand il ne comprend aucun
des jours termes: computation à partir du lendemain de la signification du
jugement.
Délai franc - Délai pour lequel on ne tient compte ni du point de
départ, ni du jour d'échéance. Le jour franc est un jour entier de O heure à
minuit.
Demande en compensation - Se dit d'une demande qui est présentée par
le défenseur et qui, si elle est acceptée, viendra en déduction des sommes
qu'il aura à verser au demandeur (exemple : l'employeur déduira des sommes à
payer à son ex-salarié la valeur de l'outillage ou des vêtements de
protection que le demandeur ne lui a pas restitués). Cela fera l'objet d'une
des dispositions du jugement (art. L. 144-1 du Code du travail). La
compensation peut s'opérer, limitativement, sur la valeur d'outillages,
d'instruments, de matériel et matériaux dont le salarié à la charge et
l'usage, ainsi que sur les sommes prêtées par l'employeur en vue de leur
acquisition (art. L. 144-1 du Code du travail).
Dommages-intérêt- Indemnité qui peut être allouée par un tribunal à
une personne pour la dédommager d'un préjudice matériel qu'elle a subi ou
d'un manque à gagner. On doit justifier le préjudice: période de chômage
après un licenciement abusif, emploi moins rémunérateur dont on a dû
s'accommoder après de longues recherches, frais de procédure, temps perdu,
désagréments, etc. L'Indemnité de dommages-intérêts est toujours fonction du
préjudice subi. Cependant. dans le cadre d'un licenciement sans motif réel
et sérieux, si la réintégration dans l'emploi n'est pas acceptée par les
parties, l'article L. 122-14-4 du Code du travail fixe le montant de
l'indemnité à six mois de salaire minimum.e
E
Entretien préalable -Obligation faite à l'employeur de convoquer pour
un entretien préalable, avant toute décision de licenciement, le salarié. Le
licenciement doit être notifié par lettre recommandée avec avis de réception
qui doit énoncer impérativement les motifs du licenciement. Lors de
l'entretien préalable, le salarié peut se faire assister par une personne de
l'entreprise s'il existe des représentants du personnel dans l'entreprise.
En leur absence, le salarié peut se faire assister par une personne
extérieure à l'entreprise, inscrite sur une liste établie par le préfet du
département.
F
Faute légère, sérieuse, grave, lourde - Il y a une graduation dans la
gravité des fautes, mais il n'existe pas de texte légal pour les définir; il
faut consulter la jurisprudence. Selon son importance, les conséquences
d'une faute ne sont pas les mêmes :
- légère: faute qui peut justifier une sanction disciplinaire, mais pas un
licenciement ;
- sérieuse: peut entraîner un licenciement mais avec préavis, indemnités de
licenciement et de congés payés ;
- grave: ni préavis, ni indemnité de licenciement, mais congés payés ;
- lourde: aucune indemnité, même pas celle de congés payés (afférente à
l'année de référence en cours).
Fonds national de l'emploi (FNE) - Le FNE n'est pas un organisme
particulier mais un ensemble de crédits budgétaires mis à la disposition des
pouvoirs publics pour faciliter aux salariés la continuité de leur activité
à travers les transformations qu'implique l'évolution des conditions
économiques et techniques. Le FNE participe par la voie de conventions
conclues avec les organismes professionnels ou interprofessionnels, les
organisations syndicales et, le cas échéant, avec des entreprises :
-à des actions de formation professionnelle ;
-à l'indemnisation complémentaire du chômage partiel ;
-au financement du revenu de remplacement dont bénéficient certains salariés
(conventions de conversion, conventions du FNE, contrat de solidarité).
Force majeure - Événement inévitable, imprévisible et irrésistible,
rendant impossible l'exécution du contrat de travail de façon définitive ou
durable.
Fraude -Tromperie en vue de léser quelqu'un ou d'échapper aux
dispositions de la loi. La division d'une entreprise entre deux sociétés
fictives créées artificiellement pour échapper à l'application de la
législation sur les comités d'entreprise est une fraude à la loi, par
exemple.
H
Holding - Société ayant pour objet de gérer les participations
financières qu'elle prend dans d'autres sociétés. les sociétés holdings
constituent fréquemment, avec les sociétés qu'elles contrôlent, des unités
économiques et sociales.
J
Jour franc - Voir délai franc.
Jours ouvrables - Ce sont tous les jours de la semaine, à l'exception
du jour de repos hebdomadaire (dimanche) et des jours fériés légaux, dans
certains cas, travaillés dans l'entreprise. Jours ouvrés - Jours travaillés
dans l'entreprise.
Juge départiteur - Les délibérations des bureaux de jugement des
conseils de prud'hommes sont prises à la majorité absolue des membres
présents. En cas de partage, le bureau fait appel à un juge départiteur qui
est le juge du tribunal d'instance du siège des prud'hommes. L'affaire est à
nouveau plaidée devant les conseillers, plus le juge.
Jugement en dernier ressort - Jugement des prud'hommes qui n'est pas
susceptible d'appel (aucun chef de demande n'est supérieur, à lui seul, au
taux de compétence en dernier ressort fixé chaque année par décret). C'est
le montant de chaque chef de demande, pris isolément, qu'il faut considérer.
Jugement en premier ressort - Jugement des prud'hommes qui est
susceptible d'appel.
Juridiction du travail - Ensemble des tribunaux qui peuvent avoir à
connaître des litiges nés du contrat de travail : conseils de prud'hommes,
cours d'appel, Cour de cassation (chambre sociale de ces cours).
Jurisprudence - Ensemble des décisions judiciaires ou administratives
rendues sur une question que la loi ou le règlement n'avait pas précisée ou
qui était ambiguë. En apportant la précision qui manque ou la précision qui
s'impose (exemple: la définition de la faute grave), la jurisprudence
constitue une source de droit.
L
Lettre recommandée - Légalement, certaines formalités doivent être
faites sous pli recommandé avec accusé de réception. Les délais ne courent
pas à partir de la date d'envoi mais, au plus tôt, à partir de la
présentation de la lettre recommandée.
M
Mauvaise foi - Attitude de quelqu'un qui, par exemple, s'efforce par
des artifices de ne pas reconnaître ce qui est vrai ou qui tourne les choses
à sa façon, de manière inexacte, malhonnête, de manière à faire prévaloir,
malgré ses torts, ses opinions ou ses intérêts.
Médiation - Les conflits collectifs de travail peuvent être soumis à
un médiateur qui est désigné en raison de son autorité morale ou de ses
compétences. Il a pour rôle principal de soumettre aux parties, sous la
forme de recommandations, des propositions de solution du différend qui les
oppose. Toutefois, lorsque le conflit porte sur l'interprétation ou la
violation de dispositions légales, réglementaires ou conventionnelles, le
médiateur doit orienter les parties vers la juridiction compétente ou la
procédure d'arbitrage.
Mise à pied - Suspension du contrat de travail décidée par
l'employeur à titre de sanction (mise à pied disciplinaire) ou à titre
provisoire dans l'attente d'une sanction (mise à pied conservatoire).
N
Notification - Fait de porter une lettre ou un autre document à la
connaissance de quelqu'un. Exemple : les jugements des conseils de
prud'hommes sont notifiés par le secrétariat-greffe, c'est-à-dire qu'ils
sont portés à la connaissance des intéressés dans les formes légales (lettre
recommandée avec accusé de réception).
O
Ordre public - Ensemble des dispositions législatives et
réglementaires qui s'imposent aux intéressés et aux- quelles ils ne peuvent
renoncer. En droit du travail, la plupart des dispositions sont d'ordre
public.
P
Partie - Chacune des personnes qui plaident l'une contre l'autre. Ces
personnes sont le demandeur, le défendeur mais aussi toute personne qui
justifie d'un intérêt à intervenir dans l'affaire ou qui a été mise en cause
par une partie.
Pièces - Documents divers qui sont produits par les plaideurs à
l'appui de leurs thèses, de leur plaidoirie.
Pourvoi en cassation - Action de saisir la cour suprême pour lui demander de
casser, d'annuler un jugement ou un arrêt qui déplaît (voir aussi Cour de
cassation).
Préavis - Temps que doit donner celui qui rompt le contrat de travail
afin que l'autre partie ait le temps de se retourner (le salarié pour
trouver un autre emploi, l'employeur pour trouver un remplaçant). Pour un
licenciement, la loi prévoit :
- rien jusqu'à six mois d'ancienneté (ce sont les usages qui sont
applicables) ;
- un mois de préavis après six mois d'ancienneté. Des conventions
collectives, des contrats de travail peuvent prévoir un temps de préavis
plus long en matière de licenciement, notamment pour les cadres.
Pour une démission, la durée du préavis est fonction soit de la loi, soit de
la convention collective ou du contrat de travail. En l'absence de textes,
se conformer aux usages. Le préavis doit être exécuté dans les conditions
habituelles (conditions de travail, salaire, primes). Le salarié doit
satisfaire à ses obligations. En cas de dispense d'effectuer le préavis, à
la demande de l'employeur, le salaire afférent doit être payé ainsi que
l'indemnité compensatrice de congés payés calculée comme si le préavis avait
été exécuté.
Prescription - Délai qui, lorsqu'il est écoulé, libère le débiteur de
sa dette. En matière de salaire, le délai est de cinq ans. Passé ce délai.
le salarié ne peut plus réclamer le paiement de son salaire.
Présomption - Mode de raisonnement juridique en vertu duquel
l'établissement d'un fait en induit un autre sans qu'il ait besoin d'être
prouvé.
R

Reçu pour solde de tout compte -Reçu signé par le salarié lorsqu'il
quitte l'entreprise et dans lequel il reconnaît avoir perçu la totalité des
sommes que lui devait l'employeur. Le salarié dispose d'un délai de deux
mois pour dénoncer le reçu pour solde de tout compte par lettre recommandée.
Pour être valable, le reçu pour solde de tout compte doit être établi en
double exemplaires; il doit indiquer le délai de forclusion de deux mois; la
signature du salarié doit être précédée de la mention " pour solde de tout
compte" écrite de sa main.
Référé -Dans les conseils de prud'hommes, la formation de référé
peut, dans tous les cas d'urgence, ordonner toutes les mesures qui ne se
heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un
différend. La formation de référé peut prescrire des mesures conservatoires
ou de remise en état, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour
faire cesser un trouble manifestement illicite.
Résiliation judiciaire du contrat de travail - Lorsque l'une ou
l'autre des parties à un contrat n'exécute pas ses obligations, l'autre
partie peut demander en justice la résiliation du contrat et obtenir des
dommages-intérêts en réparation du préjudice subi (article 1184 du Code
civil). Dans certains cas, la résiliation judiciaire peut être obligatoire
(exemple: rupture d'un contrat d'apprentissage) ou facultative.
Rupture abusive - Un licenciement, fondé sur une cause réelle et
sérieuse, peut être considéré comme abusif et entraîner le versement de
dommages-intérêts au profit du salarié licencié lorsque les conditions de la
rupture établissent l'intention malveillante de l'employeur et causent à
l'intéressé un préjudice distinct de celui du licenciement. D'autre part, un
licenciement sans cause réelle et sérieuse, ou un licenciement irrégulier
(sans respect de la procédure) sont souvent qualifiés de licenciement abusif
par les tribunaux. Par ailleurs, un salarié peut agir abusivement lorsqu'il
démissionne :
-soit alors qu'il vient d'obtenir certains avantages ;
-soit à un moment où sa présence était nécessaire à la bonne marche de
l'entreprise et sans motif plausible à cette démission.
En présence d'une démission qu'il considère comme abusive, l'employeur a la
possibilité d'intenter une action en dommages-intérêts (article l. 122-13 du
Code du travail).
S
Saisine - Action qui permet au demandeur de saisir la juridiction
compétente pour faire valoir ses droits.
Section - Chaque conseil de prud'hommes est divisé en cinq sections
obligatoires: industrie, commerce, activités diverses, agriculture,
encadrement. La répartition des salariés par section est fonction du code
APE des entreprises. Les sections sont autonomes. Elles ont président et
vice-président.
Sentence arbitrale - Décision rendue par un arbitre et mettant fin à
un conflit collectif (cf. arbitrage).
Sursis à statuer - Décision d'une juridiction de remettre à une date
ultérieure sa décision lorsque celle-ci peut dépendre de la décision d'une
autre juridiction. Ainsi, le conseil des prud'hommes sursoit à statuer
lorsque le tribunal administratif est saisi d'un recours contre
l'autorisation accordée par l'inspecteur du travail de licencier un salarié
protégé, en attendant que ce tribunal se prononce sur la validité de cette
autorisation.
T
Tacite reconduction - Renouvellement d'un contrat par une acceptation
tacite résultant d'un acte positif. L'inaction ou l'absence de protestation
ne constitue pas une acceptation tacite.
Transaction - Accord entre deux parties pour mettre fin à l'amiable à
un litige, ou prévenir un litige imminent grâce à des concessions
réciproques.
U
Usage - Règle de droit ne figurant dans aucun texte et résultant
d'une habitude observée par les parties dans certaines professions, régions
ou entreprises. L'usage suppose un engagement tacite des parties de
l'appliquer. Pour être créateur de droits pour les salariés, l'usage doit
être général, constant et fixe (exemple: une prime versée à tout le
personnel depuis des années et calculée toujours selon les mêmes modalités).
L'employeur peut toujours revenir sur un usage mais à condition d'observer
un délai de préavis suffisant pour permettre des négociations, et d'informer
les représentants du personnel et les salariés concernés. |